Le full Cloud est-il réaliste dans les entreprises ?

Les dirigeants de PME n’ont qu’une question à la bouche lorsque leur DSI propose de faire évoluer le Système d’Information de l’entreprise : « Pourquoi ne pas aller vers le Cloud ? ». Et si la DSI propose le « Full Cloud »,la cote de popularité du DSI monte en flèche !

Mais pourquoi le phénomène « Cloud », finalement présent dans notre paysage informatique depuis de nombreuses années avec l’hébergement de services à l’extérieur des infrastructures de l’entreprise, devient l’objectif à atteindre ? Et surtout, pourquoi ne pas envisager de passer toute l’infrastructure informatique de l’entreprise en « Full Cloud » ?

Avant de répondre à ces questions, proposons quelques axes de réflexion autour de l’externalisation des ressources informatiques de l’entreprise, définition moins glamour du « Cloud ».

Les avantages avoués du modèle Cloud

Le « Cloud » permet de donner de l’agilité aux évolutions du Système d’Information dans la mesure où l’hébergeur, s’il a bien été choisi, peut quasi instantanément étendre la capacité informatique de l’entreprise. Une capacité dont bon nombre de DSI (ou même responsable informatique) aimeraient disposer pour accompagner sereinement les directions métiers.

Ces avantages ne sont toutefois avérés que si les prestataires en charge du Système d’Information de l’entreprise ont été scrupuleusement évalués pour leur sérieux, leur pérennité et si contractuellement, a minima, les prestations et les évolutions du Système d’Information ont été sécurisées.

Les avantages « inavoués » du modèle Cloud

L’interlocuteur des équipes métiers devient alors le commercial de l’hébergeur. Ce dernier communique aisément avec un DAF, en lieu et place d’un DSI jugé souvent trop technique et pas assez communicant, voire castrateur pour le Système d’Information.

Les directeurs financiers peuvent être séduits par la simplicité et la limpidité du budget informatique qui se trouve alors réduit à une ligne dans les charges de l’entreprise.

Ajoutons, sans faire de mauvais esprit, que les directions financières accueillent avec bienveillance le modèle « Cloud » qui permet d’identifier des réductions de structures, effort souvent porté sur la taille de l’équipe informatique.

Les inconvénients du modèle Cloud

La frilosité de certains directeurs généraux pour le « Cloud » peut venir de la crainte de failles de sécurité ou de perte de confidentialité des données de son entreprise. En effet, le Système d’Information est confié à un tiers, parfois situé dans des contrées qui ne respectent pas les mêmes règles déontologiques que l’entreprise. Ces craintes, assez peu abordées par les adeptes du « Cloud », sont effectivement des points sensibles à considérer avec le plus grand sérieux surtout si le modèle retenu est le « Full Cloud ». Si les médias relayaient des  incidents sur la sécurité des données d’une entreprise du CAC 40, nul doute que l’engouement pour le « Cloud » serait sérieusement ralenti. Des exemples récents chez Yahoo! ou encore LinkedIn ont eu un impact assez limité.  Imaginons le même phénomène sur les données sensibles d’une entreprise.

Parlons maintenant de l’inconvénient, moins spectaculaire et prêtant moins à la polémique, qu’est le coût d’utilisation des solutions de type Cloud notamment sur la durée. A l’origine d’un contrat d’hébergement, le monde est merveilleux, les services apportés sont nouveaux, magnifiques et jugés rentables pour l’entreprise utilisatrice. Le manque de recul sur les nouveaux modèles de « Cloud » n’a pas encore laissé le temps à une PME de se frotter au surcoût de l’hébergement de son Système d’Information, par exemple lors d’une croissance externe nécessitant l’intégration d’un grand nombre d’utilisateurs. Rappelons que l’hébergeur n’opère pas ce type service uniquement par pure philanthropie vis-à-vis des directions financières.

Enfin, le « Full Cloud » apporte une réelle dépendance de l’entreprise vis-à-vis de son hébergeur qui dispose d’un moyen de pression important lors de la renégociation des conditions financières d’hébergement, notamment à la fin de la période initiale du contrat. Ce point peut être atténué en partageant le Système d’Information de l’entreprise auprès de plusieurs hébergeurs. L’hébergement multiple apporte toutefois de la complexité dans l’imbrication contractuelle, notamment en termes de responsabilité mais également sur le plan technique pour les échanges inter Système d’Information de l’entreprise.

Faut-il finalement opter pour le « Cloud » ou le « Full Cloud » ?

Rappelons que le mode « Cloud » confie à un prestataire une partie du Système d’Information de l’entreprise (une application métier, une messagerie…) tandis que le mode « Full Cloud » confie tout le Système d’Information à un ou plusieurs prestataires. Dans ce dernier cas, l’infrastructure informatique de l’entreprise pourra schématiquement être réduite à son accès Internet.

Les avantages et les inconvénients de gérer son Système d’Information en mode « Cloud » ou « Full Cloud » sont finalement les mêmes. Du modèle choisi dépendra le facteur multiplicateur des bénéfices et des risques.

L’accès au « Full Cloud » prend tout son sens dans le cadre d’une startup qui n’a ni le personnel ni les infrastructures pour bâtir son Système d’Information. Le recours à cette solution évite les investissements et autorise une grande souplesse dans l’évolution du Système d’Information de l’entreprise, facteur clé de son développement en général.

Dans le cadre d’une entreprise établie depuis de plusieurs années, disposant d’une équipe informatique et de sa propre infrastructure informatique, la réponse est moins évidente. La solution « Full Cloud » peut être une réponse alternative à la difficulté qu’a l’entreprise à maintenir à niveau son Système d’Information. La raison principale de cette difficulté est souvent la volonté « stratégique » de la direction générale de ne pas investir suffisamment dans le Système d’Information, ce qui conduit inexorablement à son obsolescence. Dans ce cas, le recours à l’externalisation de l’infrastructure du Système d’Information est une réponse adaptée si la stratégie de l’entreprise n’évolue pas.

Le métier de l’entreprise est également un facteur clé du choix d’un mode « Cloud » vs « Full Cloud ».
Pour une société de services disposant d’une armée de consultants en mobilité extrême, le « Full Cloud » est une réponse évidente qui permet de ne pas investir dans les équipes et infrastructures informatiques tout en gérant la croissance de son personnel.
A l’inverse, dans le cadre d’une industrie lourde qui a besoin de performances sans failles et d’interconnecter son Système d’Information de gestion avec son Système d’Information industriel, le choix du « Full Cloud » voire du « Cloud » sera une décision plus dogmatique que logique. Dans certains cas, il est d’ailleurs probable qu’aucune  réponse technique ne soit adaptée.

1 réponse
  1. Benoît Lacresse
    Benoît Lacresse dit :

    La préparation du budget IT 2013 est une période propice pour prendre du recul sur la façon dont est géré le système d’information de l’entreprise et arbitrer entre faire soi-même ou faire faire à l’extérieur.

    Les offres grandissantes d’externalisation de tout ou partie du système d’information sont un aiguillon pour le DSI. De par sa connaissance du métier et de la stratégie de son entreprise, le DSI a les clés en main pour évaluer les avantages mais aussi les risques du recours aux offres de cloud computing.

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